EST-CE QUE C’EST AUSSI BIEN LA DEUXIEME FOIS?

17. L’évidence

Février 2018: après 2 mois de vacances et de road trip au Brésil, me voilà de retour à Sydney 1 an et 4 mois plus tard. J’arrive tard le soir et me couche directement. Le lendemain matin je me lève de bonne heure, décide d’aller bruncher (classique habitude australienne qui m’avait tant manquée) et de faire un tour du CBD. 

Laissez moi vous dire une chose, je n’ai jamais été aussi certaine de mon choix que ce jour là. Je pense que chaque expatrié se souvient de son premier jour, quand après des mois d’attentes, d’administratif, de préparation, de stress et de remise en question, on y est enfin. Je ne saurais pas vraiment comment l’expliquer, mais j’ai eu ce poids énorme qui s’est retiré de mes épaules et ce mal être qui s’est volatilisé, j’étais enfin de nouveau à ma place, chez moi. Ca a été une pure évidence. Et quand j’ai des moments difficiles à cause du visa, de déprime, de remise en questions, je repense à ce jour et je me rappelle de mon pourquoi. Pourquoi je suis ici et pourquoi je me bats pour y rester. 

18. Trouver un travail stable

Avant de démarrer les démarches pour l’équivalence infirmière, il a fallu retrouver un travail. J’ai trouvé assez rapidement, en tant que serveuse, dans un café la semaine et un restaurant le weekend. Sachant que les démarches pour obtenir ma nursing registration allaient être longues, je voulais trouver un travail qui soit en rapport avec le médical. En toutes honnêteté, je voulais aussi gagner plus et faire des horaires de bureau. Je pense qu’après plus d’un an à faire des petits boulots en Australie, on commence à se lasser et avoir envie d’autre chose. 

J’ai donc commencé à postuler pour des postes d’administrative / secrétaire médicale. J’ai trouvé en 1 mois. J’étais tellement déterminée et sure de moi que je pense que c’est ce qui a fait la différence. Pourtant je ne suis d’habitude pas comme ça, surtout dans le monde du travail, où je n’ose pas trop, je pense toujours qu’il y a mieux que moi pour tel poste ou pour effectuer telle tâche. Je pense qu’en France les recruteurs sont tellement fermé sur leur critères que cela ne nous laisse pas beaucoup de marge de manoeuvre. Il faut avoir le diplôme exact et l’expérience pertinente. Si tu n’as aucun des deux, soyons honnêtes, tu n’as quasiment pas de chance. En Australie, c’est très différent, il ne prêtent pas très attention au CV mais plutôt à la personnalité. Ici on te laisse ta chance, même si tu n’as aucune formation ou expérience, tant que tu leur montre que tu es déterminé et motivé. Encore une fois, il faut tout simplement oser. 

Est ce qu’il y avait d’autres candidats plus qualifiés pour le poste? Bien évidemment, et même des australiens sans restriction de visa (hello student visa relou). Mais personne n’était aussi déterminé que moi. Ce boulot m’a ouvert des portes et possibilités incroyables, il m’a permis de m’installer et de vivre confortablement. 

19. Changement de plan

Et comme jamais rien ne se passe comme prévu, j’ai du complètement changer mon plan bien élaboré seulement 3 mois après être arrivée. La raison? Une rupture: je me suis séparée de mon ex copain que j’avais rencontré le premier jour de mon WHV, avec qui j’avais passé l’année en Australie, puis qui m’avait suivie en Europe, avec qui j’avais voyagé un peu partout sur 4 continents et avec qui je me voyais faire ma vie ici. Je vous passe les détails douloureux puisque là n’est pas le sujet. 

Cette situation est arrivée à plein de personnes que j’ai rencontré, et on s’est tous posé la question suivante: et maintenant je fais quoi, je pars ou je reste? Parce que ce projet il a été rêvé et construit à deux. Dans mon cas, nos plans pour la residence permanente portait sur notre couple et le nombre de points accumulés à deux. Comment imaginer le futur qu’on a mis tant de temps à prédire quand tout devient flou et incertain? Ca a été mon premier obstacle, et la première fois où j’ai repensé à ce premier jour mentionné au début de l’article. J’ai énormément réfléchi à mon pourquoi. L’Australie ça a toujours été mon chez moi, mon endroit préféré au monde, avant d’être le nôtre. Je pense que c’est primordial de ne pas partir pour suivre quelqu’un, bien que ça entre en compte, mais il faut partir pour soi avant tout

Il m’a fallu du temps pour digérer et puis pour reconstruire mon plan d’action pour rester. J’ai tout mis en pause pendant 4 mois, l’équivalence infirmière, les démarches, tout. J’avais besoin de temps pour guérir et faire le point. 

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“Faire confiance à son instinct”

Tu sais la petite voix au fond de toi dont je parle souvent, c’est la seule qu’il faut écouter. Subconscient, 6ème sens, instinct, peu importe son nom, c’est elle ton meilleur allié, ton meilleur radar. En voyageant, j’ai appris à prendre le temps de lui prêter plus d’attention. Mon instinct me disait de retourner en Australie, et je n’ai absolument pas été déçue. C’était encore mieux, parce que cette fois-ci j’étais absolument certaine de ce que je ne voulais plus. Je ne voulais plus de cette vie de parisien stressé, complètement déconnecté de soi-même et du monde qui l’entoure, toujours de mauvaise humeur et pressé de tout. Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours senti un décalage avec cet environnement, comme si je n’étais pas à ma place. C’était tout simplement mon instinct qui me disais que je n’étais pas encore arrivée chez moi. 

Sydney Opera House, Australia

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