LE RETOUR EN FRANCE

11. Les retrouvailles

Direction Paris depuis Bangkok, cela fait maintenant plus d’un an que je ne suis pas retournée en France. Mélange d’excitation et à ma grande surprise de peur – peur de quoi, bonne question. L’avion se rapproche de la piste d’atterrissage et j’ai la boule au ventre, pas mal d’angoisse et ça sera le cas pour chaque retour en France depuis ce jour. Impossible pour moi de mettre des mots dessus, parce que je suis honnêtement super contente et pressée de retrouver mes proches qui m’attendent de pied ferme. Nous atterrissons et les premières incivilité commencent, tout le monde se pousse et râle … Bienvenu en France. Sortie sur le tarmac – choc des températures! Nous sommes fin novembre, début de soirée et il doit faire maximum 7 degrés, en 12h nous avons perdu 30 degrés et il fait vraiment froid (pas le froid de Sydney, le vrai froid). Retrouvailles pleine d’émotions avec mes parents, câlins, pleurs, la totale. C’est fou ce que ça fait du bien de les serrer dans mes bras.
Deux jours après j’organise une soirée chez eux avec tout mes amis les plus proches: des gros hugs, plein de bisous et quelques larmes. Cette vague d’amour quand on rentre, c’est quelque chose quand même. Ils n’ont pas changés, toujours les mêmes délires, ils me racontent leur année et je leur raconte mon aventure. J’ai l’impression d’être dans ma bulle et de les regarder, de leur parler comme si ils étaient dans une autre dimension. 

12. Réadaptation et retour à la vie d’avant

Ce sentiment continuera encore quelques jours / semaines, surement le temps pour moi d’atterrir et de réaliser que je suis bien rentrée. La phase “lune de miel” continuera pendant encore trois semaines, tout le monde a envie de te voir, toi tu meurs d’impatience de les voir aussi, c’est vraiment un trop plein d’amour incroyable! Je commence à réaliser petit à petit que la vie a continué sans moi (évidemment) et que mes proches se sont créé des souvenirs dans lesquels je ne suis pas présente. C’est bizarre d’entendre dire “tu te souviens quand? ah non t’étais pas la”. Et je réalise que je ne suis plus à la page niveau films et musique, le rap français a apparemment percé et je ne connais aucuns sons en soirée, tout le monde chante et moi je souris!
Je me balade beaucoup sur Paris et je suis émerveillée de la beauté de cette ville dans laquelle j’ai pourtant toujours vécu. Le charme des petits ruelles, des cafés, des quartiers, l’architecture – je redécouvre ma ville. Et je suis accompagnée de mon ex copain, qui lui découvre vraiment Paris et l’Europe pour la première fois et c’est génial de voir tout ça à travers ses yeux. Il me fait remarquer des choses auxquelles je n’avais jamais prêté attention, comme les lampadaires par exemple: “même les lampadaires sont beaux ici” – oui c’est vrai, même les lampadaires sont beaux à Paris!
Après m’être laissé un peu de temps pour souffler, j’ai tout de suite retrouvé un travail dans l’hôpital où je travaillais avant de partir (l’avantage d’être infirmière!). Je commence début janvier, je retrouve mes anciennes collègues et en découvre des nouvelles, je retrouve aussi quelques patients et j’emménage dans mon nouvel appartement début février. Je pense que c’est à partir de là que les choses ont commencé à changer … dur de se réadapter à la vie parisienne: le stress, les bouchons, l’hiver, le froid, le ciel gris en permanence et surtout les parisiens: la mauvaise humeur, le manque de civisme, l’agressivité, le manque de sécurité … Et puis vient le regard des autres: les gens nous regardent tout le temps parce qu’on parle anglais avec mon copain, on nous pose des questions indiscrètes, préjugés sur notre couple, difficultés pour lui de s’adapter. C’est la douche froide, pour nous deux. 
Professionnellement tout vas bien par contre, très contente d’avoir retrouver mon service, l’ambiance avec les collègues est top. Un peu d’appréhension au début, peur de ne plus savoir rien faire mais tout est revenu très rapidement. Je pense que ça a été facilitant pour moi de retrouver un endroit que je connaissais déjà. 

13. La nostalgie

La nostalgie s’installe petit à petit, le fait de voir nos amis continuer leur vie à Sydney nous rends triste. On commence à faire le tri des photos, Facebook me rappelant tout les jours qu’il y a un an j’étais en train de faire ceci ou cela aux quatre coins de l’Australie. Et puis petit à petit les gens te font comprendre qu’ils en ont marre de t’entendre parler de l’Australie, le temps n’est plus aux questions clairement et je commence à garder les choses pour moi.
Je réalise que ce n’est pas tant le voyage et l’aventure qui me manquent au fond, même si j’adore ça et que je compte continuer, mais c’est vraiment la vie de tout les jours, le pays et sa culture dans sa globalité. Je ne sais plus où est ma place. 

_________________________________________

“Comprendre ses émotions”

J’ai longtemps pensé que je me devais de tourner la page rapidement et arrêter de parler de cette année en Australie, parce que c’est ce que mes proches attendaient de moi et parce que je voyais que ça les ennuyait au bout d’un certain temps. J’ai maintenant compris que lorsque quelque chose nous dérange dans le comportement des autres c’est que cela fait écho à quelque chose en nous que l’on ne s’avoue pas ou difficilement. La réalité c’est que c’était moi qui m’en voulait de ne pas tourner la page aussi rapidement que ce que j’aurais voulu, j’étais sereine en quittant Sydney, et je m’étais conditionnée au fait que ce ne soit qu’une “parenthèse” d’un an dans ma vie. Alors que non, ça a été un énorme chapitre, un profond changement et le début de ma vie telle que je n’osais pas l’imaginer. 

Paris, France

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s