L’ANNEE EN WHV partie 1/2

4. Le premier mois difficile

Après notre super voyage en Thaïlande, nous voilà arrivés à Sydney, nous sommes le 14 octobre 2015. Nous allons rester chez une copine d’un pote à nous pour 3 jours puis nous avons booké une auberge de jeunesse pour une semaine, le temps de trouver une coloc. Nous avions choisi l’hostel Jackaroo, dans le quartier de Kings Cross, qui est au pied de la station de train et en centre ville. Prix attractif et confort sommaire, ni plus ni moins.
Passé les premières découvertes de la ville et des plages, je ne vais pas mentir: Sydney n’a pas été un coup de foudre. L’ambiance backpacker de l’hostel et la découverte des colocs à 10 ne m’as pas enchantée, c’est le rêve de plein de personnes en arrivant ici, mais cela n’as jamais été le mien. Je me suis aussi découverte une nature très méfiante envers les autres, assez froide et pas forcément très ouverte aux nouvelles rencontres. Pourtant c’est durant ce premier mois que j’ai rencontré ceux avec qui j’allais partager le reste de mon aventure.
J’ai aussi réalisé que je n’étais pas aussi indépendante que je le pensais, je faisais plein d’activités seule en France mais de me retrouver seule à l’autre bout du monde m’angoissais. Manger seule au milieu de la cuisine du backpack m’angoissais, aller me balader seule m’angoissais, me retrouver seule au milieu d’inconnus m’angoissais, rentrer seule chez moi m’angoissais etc … J’ai beaucoup pleuré la première semaine et durant le premier mois de manière générale. Même si je n’ai jamais remis mon aventure en question, je suis tellement reconnaissante d’être passée par toutes ces émotions. Ca a été une sorte de “reboot“, de mise a zéro, pas de filet de secours, c’est toi face à toi même. Face à tes craintes, tes peurs et tes défauts que tu ne veux pas t’avouer. C’est abandonner l’histoire que l’on se raconte depuis toujours sur nous même pour enfin se rencontrer, tel que l’on est véritablement. C’est ok de ne pas kiffer dès le début, ok de ne pas avoir l’impression de vivre sa best life, ok que ta famille/amis te manquent, ok d’avoir des émotions et ok de découvrir une partie de soi moins reluisante. 

5. Premières démarches

First things first: pouvoir communiquer. Je sais que certains opérateurs français font des offres pour pouvoir téléphoner en Australie et depuis l’Australie mais je pense que c’est primordial d’avoir un numéro australien. La plupart des employeurs ne s’embêteront pas à contacter un numéro étranger. J’ai choisi Optus à l’époque (et je suis toujours avec eux) avec un abonnement renouvelable au mois, car je ne savais pas combien de temps j’allais rester. Service impeccable et bonne couverture (sauf dans le bush – à moins d’avoir Telstra et de payer beaucoup plus cher). Le prix est plus élevé qu’en France et les offres beaucoup moins intéressantes qu’en Europe. La connexion internet, que ce soit avec le téléphone ou la wifi à la maison, est aussi beaucoup moins efficace qu’en France, malgré les énormes progrès de ces dernières années.
Deuxième étape: obtenir son Tax File Number (TFN) qui est un numéro d’identification fiscale. Impossible de travailler sans celui-ci et de déclarer ses taxes à la fin de l’année financière (fin juin ici). Rien de plus simple, tout se fait en ligne sur ce site: https://www.ato.gov.au/individuals/tax-file-number/apply-for-a-tfn/ ; il faut néanmoins une adresse postale et vous le recevez par courrier en quelques jours. C’est bien évidemment gratuit.
Troisième étape: le compte en banque. Les deux banques principales sont la Westpac (avec qui je suis) et la Commonwealth, il en existe bien évidemment d’autres mais vous trouverez des distributeurs pour celles-ci partout en Australie. C’est très simple d’ouvrir un compte en banque ici, pas besoin de rendez-vous, il faut juste aller en agence et se munir de son passeport et visa. Le service en ligne est beaucoup plus développé, tout peut se faire depuis l’application, moins de restrictions sur les plafonds et les virements / débit sont instantanés.
Vient ensuite la création du compte superannuation, je suis très loin d’être une experte là dessus, à l’époque j’avais ouvert le mien avec ma banque comme ça tout était regroupé et plus simple, mais je sais que ce n’est plus possible à l’heure actuelle. Le mieux est de comparer les différentes offres et de faire attention au pourcentages à payer pour les assurances vies / décès. La superannuation c’est un compte où votre employeur vous reversera une autre partie de votre salaire qui sera débloquée pour la retraite après 65 ans ou à votre départ d’Australie (il faudra vous même faire la démarche). A savoir: c’est de l’argent placé et qui fluctue donc en fonction des marchés + les WHV sont taxés à hauteur de 65% donc vous ne récupérerez que 35% de la somme accumulée lors de votre départ. Deux choix s’offre à vous: vous le créez vous même et donnez ensuite vos détails à votre employeur où l’employeur le créera automatiquement pour vous si vous n’en avez pas. L’argent est normalement versé dessus tout les 3 mois et en fin de contrat.

6. Commencer à travailler

Comment je me suis organisée pour trouver du boulot? J’ai traduit mon CV en anglais, en l’adaptant à ce qui ce fait en Australie (il y a des exemples sur internet), j’en ai imprimé plein et je suis partie faire du porte à porte dans chaque restaurant/café de la ville. 

  • 1er tips: ici l’apparence joue énormément, surtout dans ce type d’industrie, c’est important d’être présentable et surtout d’être super “bubbly” – sourire à fond, quitte à en faire des caisses, ne pas avoir peur de montrer son énergie, son enthousiasme et avoir confiance en soi!
  • 2ème tips: demandez toujours à voir le manager du restaurant si possible, c’est lui qui décide du recrutement et qui vous fera passer un entretien, du coup c’est toujours bien d’avoir eu un premier contact.
  • 3ème tips: même si le porte à porte fonctionne très bien et est super cool pour découvrir des bonnes adresses et des nouveaux coins, il y a aussi beaucoup d’offres sur le site gumtree.com.au – Gumtree c’est un peu le Craigslist des US pour ceux qui connaissent – on y trouve de tout et n’importe quoi mais c’est super intéressant d’y faire un tour chaque matin pour postuler en premier sur les nouvelles annonces du jour.
  • 4ème tips: si après avoir inondé le CBD et Bondi de vos CV, vous n’avez toujours pas de boulot, un seul conseil: éloignez vous, élargissez votre périmètre. Pensez bien que tout les jeunes en WHV ou en student visa cherchent du boulot dans ces endroits, donc plus de concurrence. S’éloigner permet aussi de découvrir des petites pépites et d’être en contact avec une population plus locale.
  • 5ème tips: une erreur que font beaucoup de français: penser trouver un travail sans parler anglais. Je ne dis pas qu’il faut être bilingue, loin de là, mais il faut être prêt à bosser son niveau d’anglais et ne pas avoir de honte de ne pas tout comprendre – c’est normal! C’est très français d’être gêné de son accent, de ne pas oser etc mais sachez que les australiens sont super ouverts d’esprit, qu’on ne se moqueras pas de vous et qu’ils adorent l’accent français. Aucune honte à avoir, vraiment!
  • 6ème tips: mon meilleur ami avait pris quelques semaines de cours d’anglais en arrivant et j’ai trouvé que c’était une super idée, il a rencontré du monde, appris du vocabulaire et ça lui a surtout donné confiance en lui. Un super tremplin en arrivant et un point positif sur le CV!
  • 7ème tips: faire un petit tour sur https://www.fairwork.gov.au/ – le site du gouvernement qui recense toutes les lois relatives au travail pour chaque secteur (heures, temps de pause, salaires, etc) et qui peut aussi aider en cas de litige avec un employeur.

Je pense avoir eu un avantage non négligeable pour trouver du travail rapidement: je parlais déjà couramment anglais. Je n’avais aucune expérience en restauration ou dans la vente, j’ai choisi de ne pas mentir sur mon CV à propos de cela et j’ai trouvé mon premier boulot de serveuse à temps plein en moins d’une semaine. J’ai rapidement changé et trouvé un autre boulot dans un café, toujours en tant que serveuse, et j’y suis restée jusqu’à la fin de l’année. J’ai eu énormément de chance de tomber sur un patron qui était fan de voyages et qui me soutenait dans mes projets. Notre arrangement était que je partais quand je le souhaitais, pour la période que je voulais, mais lorsque j’étais sur Sydney j’étais disponible H24. Et quand je dis H24 c’était H24, le café ne fermait jamais. Je me suis donc retrouvée à faire des périodes de 3 mois à Sydney alternées avec mes voyages allant de 2 semaines à 1 mois. Et quand j’étais à Sydney je me défonçais pour le travail, j’arrangeais toujours les collègues, je prenais n’importe quel shifts en plus, je bossais de nuit des fois ou j’enchainais 2 shifts de suite. A un moment je bossais même en plus dans une boite de nuit en tant qu’ID scanner à l’entrée. J’enchainais les shifts de jour avec les shifts de nuit et quelques heures pour dormir entre chaque. La paie au café était à la hauteur du salaire minimum et je mettais de côté le plus possible – dans ma tête j’étais focus voyage. C’était mon objectif principal. Pour ne rien gâcher, j’avais des collègues avec qui je m’entendais super bien, qui m’ont même formée en tant que barista par la suite, et surtout, j’avais cette liberté de pouvoir partir et de retrouver mon job ensuite.
Je pense aussi que le travail en Australie est une bonne leçon d’humilité pour tous, rien n’est acquis, tout est à prouver et personne ne nous doit rien. Si tu ne te donnes pas à fond, tu te fais virer et il y a 10 backpackers prêts à prendre ta place derrière. Il y a des jours où j’en avais marre, où j’étais fatiguée – tu te retrouves à faire la plonge pendant 1h et tu te dis mais qu’est ce que je fous là, j’ai un diplôme et je me retrouve à servir des sandwichs et à nettoyer des tables – c’est cru mais c’est la vérité. Ca a été une très bonne leçon de vie, et aujourd’hui j’en suis très fière de ces petits boulots. Et puis le sentiment de satisfaction quand tu fais tes voyages ensuite est dingue. Les paysages et expériences que t’offrent l’Australie sont indescriptibles, et ça vaut 1000 fois chaque assiette lavée et pain toasté au café!

7. Trouver la bonne coloc

Il faut savoir qu’en Australie il est assez facile de trouver une colocation, la sous-location est légale ce qui facilite beaucoup les choses. On vous demandera jamais de prouver que vous aillez un boulot, trois fois le montant du loyer, des garants billionaires et un rein comme en France. Le site flatmates.com.au est probablement la référence, mais on peut aussi trouver sur gumtree.com.au ou sur différents groupes sur Facebook dont Les Français à Sydney, à Melbourne, à Brisbane, etc .. et même Facebook market. 

  • 1er tips: ça paraît logique mais il faut toujours visiter avant de donner son accord/une caution. Les images sont souvent trompeuses et il y a des fois quelques surprises (hello les appartements surpeuplés où le salon se transforme en chambres individuelles avec tentes et draps tendus qui les séparent!) 
  • 2ème tips: toujours demander un contrat écrit avec la somme de la caution versée et les conditions pour quitter l’appartement. Certains peuvent vous demander de retrouver quelqu’un pour vous remplacer quand vous partez ou un “minimum stay” et “minimum notice”
  • 3ème tips: j’ai toujours posé des questions sur les colocs: qui vit la, qui sont-ils, d’où viennent t’ils et surtout combien sont-ils. 
  • 4ème tips: demander combien il y a de salles de bain et le must c’est des toilettes séparées! A mon avis une salle de bain pour 4 personnes c’est le grand maximum pour que ça se passe bien. 
  • 5ème tips: demander qui est le proprio si vous ne le rencontrez pas – juste pour se faire une idée. Demandez si il passe souvent, si il habite à côté etc. 
  • 6ème tips: j’aime aussi demander si j’ai le droit de ramener des personnes à la maison pour diner ou boire un verre. Je précise que je ne suis pas une grosse fêtarde (même si je le suis, mais pas chez moi en tout cas) mais pour moi je trouve ça important d’avoir la liberté de pouvoir inviter une pote à la maison quand je le souhaite. 
  • 7ème tips: la plupart d’entre nous en WHV n’ont pas de voiture, donc regarder où sont les supermarchés (Woolworth et Coles principalement), à quelle distance à pied, parce que porter ses courses peut vite devenir fatiguant au delà de 15 mins … et puis les transports aussi bien sur: arrêt de bus ou tram / train station. 
  • 8ème tips: pour l’état du NSW, faire un petit tour sur https://www.fairtrading.nsw.gov.au/housing-and-property/renting pour connaître ses droits et devoirs – aide aussi en cas de litige avec son proprio.

Ca parait simple mais ce sont des erreurs qu’on a tous fait au départ (hello bond perdue for no reason ou proprio chelou qui a des caméras dans la maison!).

Chaque grande ville s’organise en suburbs, qui sont assez distincts des uns des autres donc c’est important de trouver un quartier qui vous ressemble. Pour Sydney par exemple, Newtown est très différent de Bondi, de par sa culture, sa population, ses prix etc. D’un quartier à un autre les prix peuvent beaucoup varier.
J’ai vécu dans trois endroits différents durant cette année de WHV, deux grosses colocs avec 11 et 12 personnes puis une où nous étions 4. Les grandes colocs ça peut être sympa, on rencontre beaucoup de monde, on sort beaucoup etc mais personnellement au bout de 6 mois j’ai préféré changer pour quelque chose de plus petit, de plus intime avec ma propre chambre que je partageais avec mon copain de l’époque. Moi qui était super maniaque et qui avait toujours vécu chez mes parents, j’ai du apprendre à être moins regardante sur la propreté, beaucoup plus conciliante et à m’adapter. Je pensais déjà l’être, aillant fait des colos toute ma vie, mais croyez moi que ça n’a rien a voir!

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“Leçons de vie”

Une année à l’étranger, peu importe la destination, c’est un accélérateur de vie. Le dicton “les voyages forment la jeunesse” est indéniable. Et je pense que tout ceux qui ont profité de cette expérience seront d’accord pour dire que ce voyage les a changés au plus profond d’eux mêmes. Les leçons apprises sont un baggage nécessaire, à mon sens, pour affronter la vie et en faire ce dont on en a envie par la suite. Et au delà des aventures et rencontres extraordinaires qui nous ouvrent les yeux et élargissent nos horizons, la meilleure découverte reste celle de soi-même. En partant j’étais à des années lumières d’oser imaginer tout ce que j’allais vivre. Loin d’imaginer que j’aurais été capable de faire face à la moitié des choses auxquelles j’ai été confrontée. J’ai finalement été mon plus grand challenge. Me battre pour ce que je voulais changer dans ma vie et apprendre à reconnaitre et apprécier mes qualités. J’ai rencontré mon meilleur partenaire de voyage et de vie: moi même.

Bondi beach, Sydney – Australia

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